Cahier n° 61-62,
octobre 2004 - mai 2005
UNE ACTION VOLONTAIRE ET DETERMINEE POUR RENFORCER L’UNION
En organisant les 18 et 19 janvier 2005 un colloque sur le thème : « Le dialogue social sectoriel européen : Quelle contribution à la réussite de la stratégie de Lisbonne ? Quelles pistes pour l’avenir ? », Europe et Société souhaitait faire le point sur la stratégie européenne de l’emploi décidée à Lisbonne en 2000 et mesurer l’impact du dialogue social sectoriel dans la réalisation de cette politique. Il convient de rappeler que la stratégie dite de Lisbonne a été conçue comme une réponse acceptable par les Quinze pays de l’Union européenne, dans une situation où les Etats membres ne souhaitaient pas que la Commission et les institutions européennes s’engagent dans un processus plus volontariste et plus exigeant. La réussite de la stratégie de Lisbonne était subordonnée à la volonté réelle des gouvernements nationaux de prendre les décisions à leur propre niveau pour atteindre les objectifs fixés. L’intention était clairement affichée. La réalisation était laissée entre les mains des Etats : l’analyse à mi-parcours révèle un bilan en mi-teinte. Il y a bien des intentions affichées et des réalisations sur le terrain. Il apparaît clairement que les autorités nationales se sont plus ou moins impliquées dans la mise en pratique des décisions adoptées lors du Conseil européen de Lisbonne.
Dans le cadre de cette évaluation à mi-terme il nous a semblé important de mesurer l’impact du dialogue social sectoriel dans la prise en compte des objectifs retenus. Les interventions de différents responsables de branches industrielles ont souligné les difficultés auxquelles elles se heurtent par suite des modalités retenues dans la stratégie de Lisbonne et de la diversité des situations à affronter.
Les débats au cours de ces deux jours ont mis en évidence la nécessité de recentrer la stratégie européenne de l’emploi autour de quelques objectifs acceptés par tous et, au-delà d’une action déterminée et volontaire des responsables nationaux, de faciliter l’intervention des acteurs économiques et sociaux en renforçant le dialogue social sectoriel.
Le Conseil européen de printemps 2005 a répondu en partie à cette attente même si la teneur de ses propositions est loin d’être à la hauteur des défis auxquels l’Union européenne se trouve confrontée. Ainsi que le révèle le référendum français sur le traité constitutionnel, il est urgent que les responsables de l’Europe s’engagent résolument dans des politiques susceptibles de remédier aux faiblesses de l’économie européenne et de réduire, notamment, le chômage et l’exclusion. La dimension sociale de la construction européenne est un élément fondamental dans le renforcement de la cohésion de la société européenne. Cela suppose que chaque institution, chaque Etat, chaque acteur économique et social s’implique dans le processus. Ainsi l’Europe se rapprochera des hommes et des femmes de notre continent. Une Union européenne plus forte et plus présente dans le monde pourra se renforcer. Le dialogue social sectoriel, qui se construit progressivement dans divers secteurs industriels et de services, est à l’évidence un élément essentiel dans ce rapprochement de l’action européenne et des citoyens.
Le vote négatif à l’encontre du traité constitutionnel d’une majorité des électeurs français, au-delà de sa diversité, nous invite à poursuivre et à approfondir notre dialogue entre les différents partenaires pour susciter le débat, la rencontre et la recherche des meilleures politiques pour que le terme « Union » soit décliné dans toutes ses dimensions.
Europe et Société, à son propre niveau, s’efforcera de prolonger les réflexions contenues dans ce Cahier à travers ses colloques et ses manifestations.